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À Rennes, des réseaux pour se chauffer autrement

Gilles Quignon est à l'initiative du raccordement du réseau de chaleur urbain à son immeuble, la résidence du château de Maurepas.
 
  • Le réseau de chauffage urbain est alimenté en majorité par des Énergies renouvelables
 
  • Pour ceLui de Rennes Nord Vilaine, la moitié provient de l’usine des déchets de Villejean
 
  • L’installation est plus économique, moins ÉmetTrice de CO2 et plus simple d’utilisation 
 
 
 

Comment allez-vous vous chauffer cet hiver ? À Rennes, de nombreux citadins bénéficient du réseau de chaleur urbain. Ce système de chauffage collectif, raccordé aux immeubles, aux écoles et aux hôpitaux de la ville, contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre de la métropole. En effet, l’énergie utilisée provient en majorité des énergies renouvelables. Dans celui de Rennes Nord Vilaine, la chaleur diffusée est issue à 68 % de l’usine de transformation des déchets en énergie de Villejean et de la combustion du bois des forêts ou des haies bocagères. Explications.

« Stabilité, assurance, économie, équité et simplicité »

« Depuis 2020, nous avons réduit par trois nos frais de chauffage ». Cela fait une trentaine d’années que Gilles Quignon habite la résidence du Château de Maurepas et quinze ans qu’il est impliqué dans la transition énergétique de l’immeuble. Membre du conseil syndical, il est à l’initiative de la rénovation thermique du bâtiment mais aussi du raccordement au réseau de chaleur de son immeuble, effectué en janvier 2021. Les travaux ont pris quelques temps, mais le jeu en valait la chandelle ! « Stabilité, assurance, équité, économies et simplicité », cinq mots résument à eux seuls l’efficience de ce nouveau système. Mais concrètement, comment ça marche ? « Une chaufferie crée de la chaleur introduite dans le réseau sous forme d’eau chaude. Elle va circuler dans des tuyaux sous les voiries jusqu’à des sous-stations, situées au bas des immeubles raccordés. Puis, les copropriétés prennent le relais. La chaleur est desservie jusqu’aux foyers grâce à un circuit propre au bâtiment », explique Lauriane Rat Tudal, responsable départementale d’En’RnoV, exploitant du réseau de chaleur Rennes-nord Vilaine, filiale d’Engie solutions.

Le réseau alimente les bâtiments publics, écoles, hôpitaux, mais aussi aux copropriétés. Aujourd’hui, la métropole de Rennes en compte quatre sur son territoire : Rennes Nord Vilaine, Rennes Sud, Chartres-de-Bretagne et Vezin-le-Coquet. Tous sont gérés par des prestataires dans le cadre d’une délégation de service publique. 

La chaleur collectée grâce à la combustion des déchets dans l'usine de traitement de Villejean permet d'alimenter les foyers du réseau de chauffage urbain du nord de Rennes. ©Engie solutions - En'RnoV

Un chauffage décarboné et simple d’utilisation 

Le système du réseau de chauffage urbain offre plusieurs avantages. Écologique d’une part, car plus de 50 % de l’énergie utilisée provient de ressources renouvelables. « Dans le réseau Rennes Nord Vilaine, ce sont les deux tiers. 53 % provient de la combustion des déchets de l’usine de traitement de Villejean et 14 % de la biomasse, dont une partie de la taille des haies bocagères », indique Lauriane Rat Tudal. 

Mais l’intérêt est double puisque le réseau de chaleur urbain, remplace par définition, les chaudières individuelles existantes, qui fonctionnaient au fioul ou au gaz. « Au-delà de l’aspect écologique, cette infrastructure est plus sécurisante pour les occupants, car les combustibles ne sont plus stockés », poursuit la responsable d’En’RnoV. Les installations sont soumises à une réglementation plus stricte et des contrôles plus fréquents que sur les chaudières individuelles. C’est d’ailleurs ce que tient à souligner Gilles Quignon. Lors de la visite, le retraité montre celle de la résidence, « qui est bien moins imposante et moins polluante que l’ancienne ». Mais aussi plus facile d’utilisation. « Elle nécessite moins d’entretien car il n’y a plus de brûleurs », montre-t-il. 

 

Chaufferie de Villejean. ©Engie Solutions -En'RnoV

Des économies sur la facture 

Autre avantage pour les usagers, la stabilité des prix et donc.. les économies. En 2022, juste après le raccordement, Gilles Quignon a payé moins de 400 euros pour chauffer son appartement, un T5, « mais « je ne suis pas une référence », sourit-il. Un chiffre bien en dessous de la facture moyenne des ménages français qui s’élevait à 1661 euros, selon l’ADEME (estimation datant de 2016, soit avant l’inflation). 

Comme la chaleur est produite majoritairement à partir d’énergie renouvelable, « les abonnés bénéficient d’une TVA à taux réduit de 5,5% au lieu de 20% sur leur facture », explique Lauriane Rat Tudal. Grâce à leur encadrement par la collectivité, « les prix sont moins volatiles que ceux des énergies fossiles comme le gaz ou le charbon », ajoute Marie-Hélène Duprat, présidente de l’ARMEC (Association rennaise pour la maîtrise de l’énergie dans les copropriétés). 

Avec l’inflation, les factures de chauffage ont été multipliées par trois à cinq dans certaines copropriétés. « Celles des habitants de la résidence du Château de Maurepas n’ont pas augmenté », assure Gilles Quignon. Une aubaine pour le porte-monnaie des résidents, « qui se montrent satisfaits de l’installation », rapporte Gilles Quignon. Ailleurs dans la ville, de nombreux logements collectifs saisissent l’opportunité. En 2023, 47 bâtiments ont été raccordés au réseau Rennes Nord Vilaine.

« La chaleur est produite majoritairement à partir d’énergie renouvelable. Donc, les abonnés bénéficient d’une TVA à taux réduit de 5,5% au lieu de 20% ».

Lauriane Rat Tudal, responsable départementale d’En’RnoV

Réseau de chauffage urbain Rennes Nord Vilaine. ©Rennes Métropole

Le réseau Rennes Nord Vilaine étend sa toile 

Issu de la fusion récente du réseau Nord et Est, le réseau Rennes Nord Vilaine est le plus vaste de la métropole. Il alimente aujourd’hui 35 000 équivalents logements, soit environ 110 000 résidents des quartiers de Villejean, Beauregard, Baud- Chardonnet, de Bourg-L’évêque, des Horizons, du Gros Chêne, etc.  Et sa couverture continue de s’étendre. À l’horizon 2024, il devrait atteindre 66 kilomètres. Cette extension, qui a coûté 34 millions d’euros, devrait permettre de fournir 135 000 usagers à l’horizon 2030.

Des aides aux raccordements 

Développé dans les années soixante, le système des réseaux de chauffage urbain revient sur le devant de la scène depuis plusieurs années dans un contexte d’inflation de l’électricité. Pour encourager son développement, des aides sont allouées aux raccordements, notamment par l’ADEME avec le fonds Chaleur. Par ailleurs, le Certificat d’économie d’énergie permet, comme son nom l’indique, aux ménages en situation de précarité énergétique de réaliser des travaux de rénovation, grâce à une prime de l’Etat. Ces aides sont cumulatives. 

Des subventions sont aussi proposées à l’échelle locale. Avec le dispositif Ecotravo, Rennes Métropole offre un soutien financier à la réalisation de travaux énergétiques comme le raccordement au réseau de chaleur. 

Adèle CHARRIER

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